Daily Archives: 5 septembre 2014

Bienvenue à Djerbahood #2 : Petit village, grande histoire

« Bienvenue à Djerbahood » est une série qui vous embarque en Tunisie, dans le village traditionnel et sublime d’Erriadh sur l’île de Djerba en immersion avec les artistes qui participent au nouveau colossal projet de la galerie Itinerrance : Djerbahood. Sur la place du village, El Seed, avant toute chose, prend le temps d’échanger avec les anciens pour choisir les mots qu’il écrira sur son mur. Nous suivons le processus de création de l’artiste, originaire de Gabès, dans le sud de la Tunisie. Partout où il peint, sa démarche est toujours collaborative, participative. A l’unanimité, les anciens Djerbiens ont choisi la phrase qui les accompagnera au quotidien : « Petit village, grande histoire ».

El Seed

El Seed est Tunisien mais c’est en France que l’on a découvert la force de son art du côté de La Tour 13 et sur les murs de l’Institut du Monde Arabe. Il a choisi El Seed en référence à ses jeunes années de tagueur, à 16 ans, lorsqu’il étudiait Le Cid. Il a démarré le graff à la fin des années 90 et en 2004, il découvre la calligraphie arabe qui le fera connaître de par le monde. Ses fresques prônent la paix et le respect de l’autre. Il a peint des fresques à Gabès, son lieu de naissance et à Doha, a réalisé un phénoménal travail de 52 fresques. Il a aussi collaboré avec la maison Louis Vuitton.

Bienvenue à Djerbahood #1 : la culture comme arme contre l’obscurantisme

Après l’oeuvre collective et éphémère de La Tour Paris 13, le petit village d’Erriyadh à Djerba en Tunisie est devenu la nouvelle scène street art international de la galerie Itinerrance de Mehdi Ben Cheikh qui a réussi à convaincre les habitants et les commerçants « d’offrir » leurs murs aux 150 artistes invités du monde entier (34 nationalités). Tous ont une pratique urbaine et humaine. Les habitants réticents du début ont finalement interpellé les artistes et l’équipe d’Itinerrance pour avoir eux aussi des oeuvres sur leur maison. Les artisans locaux ont prêté main forte aux artistes pour des installations ou du matériel en renfort.

Pourquoi  « Djerbahood » ? Ce titre s’est imposé comme une évidence pour l’équipe suite à l’installation des lettres « The Hood » par Rodolphe Cintorino à l’entrée de ce village d’Erriadh du village qui s’appelait autrefois « Hara Sghira », le petit quartier (« hood »: quartier en anglais). Djerbahood, c’est une aventure artistique unique dans l’univers du street art et comme le dit si bien Mehdi Ben Cheikh : »La culture est la meilleure arme contre l’obscurantisme ».

Rodolphe Cintorino

Dans son travail, l’artiste français Rodolphe Cintorino cherche à mélanger les sources, les iconographies pour créer des liens là où il ne devrait pas en avoir. Toujours avec certains ingrédients tels que l’humour noir et la gravité, l’attraction et le rejet, il crée des objets modifiés et déconstruits qui viennent provoquer nos savoirs, nos cultures. Ce qui l’amuse, au travers d’oeuvres provocatrices et de situations performatives engagées,  c’est de chercher dans ces mêmes cultures une forme de tension afin de les faire vibrer, bousculer nos certitudes. A Erriyadh, à l’entrée du village, il a posé son installation The Hood sur le toit des anciens abattoirs, un lieu oublié devenu le nouveau haut lieu du street art international.