« Bienvenue à Djerbahood » est une série qui vous embarque en Tunisie, dans le village traditionnel et sublime d’Erriadh sur l’île de Djerba. Dans cet épisode les artistes expliquent comment ils s’imprègnent de l’environnement, comment ils choisissent les murs et à quoi ils sont sensibles.

Kool Koor l’Américain est toujours très sensible à l’environnement, aux sons, aux odeurs. Know Hope, américain également, cherche un écho avec le lieu où il pose sa poésie murale. Jaz l’Argentin procède toujours de la même manière, avec la matière première que lui offre la ville. Dan 23 le Strasbourgeois, ouvre grand ses yeux comme à son habitude pour toujours mieux comprendre le monde. BToy l’Espagnole se laisse partout inspirer par les femmes, peu importe l’endroit où elle se trouve. Les créations des artistes se croisent, leurs inspirations restent uniques et leurs oeuvres respirent toujours entre elles.

Kool Koor 

Kool Koor est Américain et vit à Bruxelles depuis 20 ans. Gamin, il tâtait avec habileté le pastel. Son art, c’est une histoire de famille car sa mère et sa soeur sont également artistes. Aujourd’hui il se définit en tant qu’artiste contemporain, mais il connait la musique car il a démarré le graffiti à l’âge de 13 ans, à NYC, là où l’Histoire du graffiti a débuté. En arrivant à Erriyadh, il a cherché des murs inspirants mais a surtout écouté la population qui désirait voir du bleu et encore du bleu sur les murs de leur village. Il a donc choisi une grande gamme de bleus pour peindre son mur qui n’en finit plus, à la sortie du village, sur la route d’Houmt Souk…

Know Hope

Know Hope est Américain. Le trait fin de ses personnages est reconnaissable parmi tant d’autres. Souvent imité, jamais égalé, Know Hope se situe dans le haut du panier du street art international. Sur les murs, il raconte des histoires où des animaux aiment chicaner des humains. Il faut ouvrir grand les yeux et prendre le temps de détailler ses oeuvres où il aime aussi écrire ses petites histoires dans sa grande histoire… Dans son travail, il inscrit la nature comme partie prenante. A part entière. Know Hope est un artiste entier. A Erriyadh, il a semé des paires de mains en noir et blanc qui délivrent des messages énigmatiques, poétiques et a de fait créé son propre parcours composé de 14 pièces, comme une chasse aux trésors.

Jaz

Jaz est Argentin et muraliste pionnier. Après être passé par la lettre comme nombre d’artistes urbains, il peint d’immenses oeuvres inspirées par sa ville, Buenos Aires. Passé maître dans la technique de l’aérosol, il offre désormais à toute l’Amérique du Sud des pièces muséales. A Erriyadh, sur un mur du marché, il a peint une immense fresque des guerriers cavaliers partent à la conquête d’un morceau d’Afrique. L’artiste voyage toujours léger et c’est sur place, là où il doit peindre, qu’il glane ses matériaux. A Djerba, il a pilé de la brique rouge pour fabriquer son pigment, le tout mélangé à de l’essence de
mobylette, l’objet qui relie les hommes entre eux…

Dan23

Dan23 vit en France, à Strasbourg. Le projet de La Tour 13 lui a ouvert les portes des galeries parisiennes. Adepte de live paintings, il a longtemps tiré le portrait de musiciens en choisissant l’aquarelle. Dans son champ des possibles, il y a les croquis, les dessins sur papier, les peintures sur toiles où la musique n’est jamais très loin. A Erriyadh, il a peint des femmes car un peu trop absentes à son goût dans les rues du village. Il a aussi choisi le bleu Méditerrannée pour peindre, une grande première pour lui. Ses regards envoûtent et comme à son habitude, il a ouvert grand les yeux pour mieux communiquer avec les villageois.

BToy

BToy est Espagnole et aime à utiliser le mur comme support faisant partie intégrante de son oeuvre en devenir. Pochoiriste, ses pièces sont denses et fortes. Dans l’Espagne où le graffiti coloré est roi, elle a su se démarquer pour développer une pratique à réinventer. Elle affectionne l’humain, donc les portraits et c’est un portrait de femme berbère qu’elle a choisi de peindre à l’angle d’une ruelle. Dans des maisons en démolition, on découvre par hasard ses visages de femmes tendres et graves à la fois mais toujours en couleurs.